Histoire & Standard

Le Berger Belge

un chien médioligne et eumétrique



« Seules les mensurations fixent avec précision les races de façon absolue et instructive » écrivait Charles Huge. Dans cet article nous nous attarderons plus spécifiquement à la taille de notre Berger et de son évolution depuis que la race existe. La taille au garrot est la « ligne fondamentale » ou la référence principale pour établir des rapports de mensuration. Nous aborderons aussi quelques aspects corollaires.   

   « Taille : 55 centimètres en moyenne » stipule le second standard « Reul » publié le 24 septembre 1899 dans « Chasse et pêche ». Le malinois « Tjop », né le 1er novembre 1899 par Tomy hors de Cora I, que le Professeur Ad. Reul considérait comme proche de la perfection avait environ 58/59 cm au garrot. « Dewet » un autre pilier de la race mesurait près de 60cm. 

 


Tjop

    Ce standard relate du reste que le poitrail doit être « plutôt étroit que large » et que la poitrine est « peu large, mais en revanche profonde et descendue comme chez tous les animaux aux allures rapides ». Le corps doit être muni « d’une tête longue, d’un museau pointu avec un crâne pas trop large, à front plutôt aplati qu’arrondi ». Rien n’est écrit sur la longueur du corps.

    A titre de comparaison, le standard du berger hollandais stipule comme hauteur au garrot : «  Environ 55 cm ». « Les chiens, environ 55 cm, les chiennes, environ 50 cm » précise le standard du berger allemand. (Source : « Le Chien de Garde » de Joseph Couplet – 5ème édition de 1913).    

   En 1909, à propos de la taille, Louis Huyghebaert exprime les propos suivants : « Il est hors de doute que depuis que les concours-spectacle ont mis en évidence les aptitudes du chien de berger en tant que chien de défense et chien de police, il n’y a pas mal de gens qui s’imaginent que le chien de berger doit avant tout être une espèce de mastodonte capable de renverser, par sa masse seule,  l’apache le plus solidement bâti ». Et d’ajouter : «  C’est donc uniquement en vue de satisfaire le goût de ce public spécial, qui s’imagine que la force d’un animal est en raison directe de sa taille, que tous ceux qui ont industrialisé la race du chien de berger annoncent dans les journaux des sujets ayant une taille de 65 et même de 70 cm ! » D’autre part, comme un avertissement, il émet encore la sentence suivante : «  Nous ne pouvons donc en aucun cas admettre comme typique et conforme au standard un chien qui paraît carré, c’est-à-dire aussi haut que long ».  

   Le renommé Charles Huge aborde également le problème de la taille dans un article intitulé « Croisements utiles et croisements dangereux » (Chasse et Pêche du 17 septembre 1922). Voici ses propos : « Dans le but de parer à la concurrence sur le marché, d’aucuns ne démordent pas de l’idée d’accroître la taille de nos bergers divers. C’est un tort, à mon avis, car ce n’est pas dans le cadre de leurs aptitudes, ce n’est pas dans l’origine non plus. Je hais les nains dans toutes les races comme un signe de dégénérescence, mais l’éleveur ne doit jamais perdre de vue que le gigantisme est encore plus près du rachitisme et amène l’avachissement et le lymphatisme lorsqu’il est poussé au-dessus des limites caractéristiques d’une espèce déterminée. Et quelle est cette limite ? Il faut s’arrêter aussitôt que la vigueur, l’activité, l’endurance et l’énergie spécifique d’une race n’accompagnent plus l’accroissement de la taille. Or, cette belle endurance, ce déplacement gracieux et léger, cette attentivité active et toujours en éveil de notre chien, qui forment autant, si pas plus, que les formes déterminées par les standards, l’apanage de tous nos bergers belges, les trouve-t-on chez le colossal chien de nos voisins ? Et c’est tout cet héritage séculaire et unique que nous perdrions par ce stupide accouplement ! Et c’est pour cela que je crie « Garde à vous ! » aux juges de nos races, et c’est là que s’imposent un « caveant consules » aux fabricants ou manipulateurs de standards. Attention à la taille ! Ne vous laissez pas séduire : gare aux caractéristiques remarquables de vitalité vibrante que le facies et les oreilles étroites, mobiles, pointées avec une tension où vibre toute la vitalité de nos chiens belges. »

   Par « concurrence » et « colossal chien de nos voisins », Charles Huge vise le Berger Allemand, race devenue dominante en Belgique tout au moins par le nombre. Dans l’article précité, Charles Huge s’insurge contre les pratiques de certains individus peu scrupuleux qui effectuaient des croisements entre Berger Belge et Berger Allemand afin d’obtenir une augmentation d’effectifs en chiots. Le mot « colossal » n’est pas trop fort car certains spécimens atteignaient les 70 cm.  

   En parcourant les petites annonces des années 1920 et 1921, plusieurs Groenendael et Malinois dépassaient les 65 cm et certains atteignaient même les 68 et 69 cm. Pour être complet, il faut ajouter que juste à la veille de la Grande Guerre du coté du « Kennel Club Belge », fédération concurrente, les juges réunis en congrès le 10 mai 1914 adoptent  un nouveau texte du standard du Chien de Berger Belge, lequel ne subira plus jamais de modifications quant aux caractères généraux de la race. Qu’est-il précisé au niveau de la taille ? Elle est de «  55 à 65 cm pour les mâles et de 52 à 62 cm pour les femelles ». Le « Kennel Club Belge », auquel s’est rallié dès sa constitution en 1908 le « Club du Chien de Berger Belge » (fondé en 1891), était essentiellement un monde de dresseurs. N’a-t-il pas organisé, le premier, le « Championnat de Belgique en ring » en 1913 ? N’a-t-il pas organisé, le premier, à partir de 1909 des congrès de dressage en vue d’élaborer les programmes pour chiens de garde et défense ?  

   Le standard publié en 1923 par le « Berger Belge Club » reprend mot à mot les termes repris dans le projet de révision du standard de 1914 c’est-à-dire : « Taille : Mâle , 60 cm ; femelle, 58 cm ». Il s’agit évidemment de mesures moyennes. Le fameux Malinois « Snap » (LOSH 10050), Champion 1925, mesurait 62 cm de hauteur.  

    Rapidement les responsables du Berger Allemand prirent des mesures à l’encontre des tailles excessives comme le nous rappelle le juge Dossogne dans la revue « Chasse et pêche » du 22 octobre 1933 :

«  Le Verein für Deutsche Schäferhunde (SV) a pris dès 1922/23 des mesures énergiques pour combattre les effets néfastes de l’élevage intensif pratiqué dès 1918 par des amateurs qu’animait uniquement un esprit de lucre. Ces mesures énergiques avaient notamment en vue le retour à une taille moyenne, facteur indispensable pour assurer au chien de service endurance et agilité. Car, s’il faut qu’un chien policier, autant qu’un gardien de troupeau, soit d’une taille respectable, il importe tout autant qu’il ne traîne un bien inutile poids mort : celui-ci handicape infailliblement la résistance du trotteur et du travailleur qui nous occupe. Il ne servirait à rien de nier que les Allemands ont utilisé pour l’élevage des géniteurs quelquefois trop grands, mais nous devons par contre à la vérité de dire qu’une réaction salutaire a été engagée depuis tantôt dix ans. Elle produit ses effets. » 

   Le dimanche 1er Août 1937, des juges se donnent rendez-vous à Binche. Il avait paru opportun à certains d’entre eux d’avoir un échange de vues. Une quinzaine de Malinois, une vingtaine de Groenendael et quatre Tervueren étaient rassemblés. Voici le tableau des mensurations prises sur certains chiens de tête :

 

en cm

 

Malinois mâles

 

Groenendael mâles

Tervueren
mâles

 

A

B

C

D

A

B

C

A

B

Hauteur au garrot

58

60

61

62

60

66

64

61

63

Tour de poitrine

68

69

74

74

76

78

74

76

76

Hauteur/ Poitrine en %

117,2

115,0

121,3

119,4

126,7

118,2

115,6

124,6

120,6

Profondeur de poitrine

30

29

32

29,5

31

35

29

31

31

Profond/hauteur en %

51,7

48,3

52,5

47,6

51,7

53,0

45,3

50,8

49,2

 

   Pour la taille, c’est le groupe des quatre Malinois mâles (58, 60, 61 et 62 cm) qui paraît le plus homogène et se rapproche le plus de la moyenne qui est de 60 cm pour les mâles. Le groupe des trois Groenendael mâles (60, 66 et 64 cm) atteignent ou dépassent cette moyenne. Les deux Tervueren mâles (61 et 63 cm) le dépassent.

  Voici l’extrait de l’article concernant la taille :

« Tous les chiens se trouvant dans les limites du standard peuvent donc parfaitement prétendre à toutes les distinctions, même les plus hautes. On ne peut même faire un grief au juge qui donne un prix à un chien dépassant tout à fait légèrement ces limites, tant en dessous qu’au dessus, pourvu qu’il ait le bon type berger. Mais on constate tout de même que c’est dans les tailles moyennes, donc aux environs de 57/58 cm pour les femelles et 60 cm pour les mâles que se rencontrent les types les plus caractéristiques ». 

   Quelques mois plus tard, le 16 janvier 1938, s’est tenu à Bruxelles un congrès des juges du Berger Belge. La question de la taille a fait l’objet de discussions fort animées et, en fin de séance, les congressistes se sont accordés sur un minimum de 58 cm pour les mâles et de 56 cm pour les femelles.  

   En mai 1938, F.-E. Verbanck rédige un projet de standard qui lui paraît plus conforme aux nécessités du moment et qui pourra servir de base à d’ultérieures discussions. Concernant la taille, il écrit : « La taille désirable en moyenne est de 60 cm pour les mâles et de 58 cm pour les femelles ». En plus de la hauteur au garrot, pour la première fois d’autres mensurations sont mentionnées. Ainsi pour un chien mesurant 60 cm de hauteur, la longueur du corps (de la pointe de l’épaule à la pointe du bassin) est aussi de 60 cm. Que je sache, jamais auparavant ce rapport hauteur/longueur n’avait été établi.  

   Parlant du mécanisme moteur des chiens de travail (Chasse et Pêche du 1 juillet 1923), Théo Meunier préconise une longueur de quelques centimètres plus grande que la hauteur. Cette proportion, argumente-t-il est la conséquence inévitable du fait qu’il est nécessaire que le chien d’utilité en général et le berger spécialement ait le coffre long et bien développé, pour donner beaucoup de place à des poumons de grande capacité, et les reins vigoureux.

   Tel était aussi l’avis de A. Peffer dans un article sur le Bouvier des Flandres (Chasse et Pêche du 17 novembre 1929) : « Ces chiens courts, trop courts, manquent d’élasticité, auront presque toujours les leviers trop droits. Pour qu’un chien bien soit bien équilibré, il faut que la longueur soit légèrement supérieure à la hauteur ».  

   Après la guerre, en 1945, le Royal Club Canin du Hainaut (Binche) publie un fascicule sur le standard et les mensurations du Berger Belge. Le standard est illustré d’un croquis sur lequel la hauteur du sol au garrot (W-H) est égale à la longueur du chien (M-N).  

 Dans la revue l’ « Aboi » du 1 avril 1948, F.E. Verbanck publie une deuxième version du projet de Standard. Des mensurations corollaires sont ajoutées que nous reproduisons ci-après : 

Proportions moyennes normales chez un chien 
de berger belge mesurant 60 cm. à l’épaule.

Hauteur au garrot
Longueur du corps (de la pointe de l’épaule à la pointe du bassin)
Longueur du dos (du garrot à la crête du bassin)
Tour de poitrine
Hauteur de poitrine
Du sol à la poitrine
Longueur de tête
Longueur du museau

60 cm

60 cm

40 cm
72 cm minimum
30 cm
30 cm
24 cm
12 cm

   Quelques années plus tard, en 1956, le premier standard publié après la guerre stipule que la « taille désirable est en moyenne » de : 62 cm pour les mâles et de 58 cm pour les femelles. Des tolérances sont prévues soit : en moins 2 cm et en plus 4 cm.  Jusqu’au Standard actuel, ces mensurations de taille n’ont plus fait l’objet, à juste titre, de révision. Le standard laisse donc une marge totale de 10 cm. Cet écart de taille plus que suffisant a l’avantage d’obtenir des chiens ou des chiennes pouvant se distinguer dans toutes les disciplines sportives ou utilitaires. Le même standard précise pour la première fois que la longueur est approximativement égale à la hauteur chez le mâle ; elle peut la dépasser légèrement chez la femelle. Cette précision concernant les femelles ne se retrouve plus dans le standard de 2001. Pourquoi cette suppression alors que la femelle, comme dans toutes les races, est un peu plus longue que haute ?

    Pour comparer notre berger avec ceux de nos voisins, nous reprenons les tailles préconisées par les standards respectifs sous la forme d’un petit tableau que voici : 

Taille en cm

Berger Belge
(médioligne)

Berger Hollandais
(médioligne)

Berger Allemand

Beauceron
(médioligne)

Mâle

 

 

 

 

Selon standard

60 à 66

57 à 62

60 à 65

65 à 70

Médiane 

63

59,5

62,5

67,5

Moyenne réelle (1)

 

 

64,0

 

Femelle

 

 

 

 

Selon standard

56 à 62

55 à 60

55 à 60

63 à 68

Médiane 

59

57,5

57,5

65,5

Moyenne réelle (1)

 

 

59,0

 

Mâle et femelle

 

 

 

 

Marge totale

10

7

10

7

(1) selon le juge R. Pollet (voir « Wouf » de mai 1987)

    Selon les chiffres ci-dessus, la taille médiane du Berger Belge dépassent nettement celle du Berger Hollandais et mais est légèrement en dessous de la taille réelle du Berger Allemand. A partir de 68 à 70 cm, nous rentrons dans une autre catégorie, celle des grands chiens. C’est le cas du Berger de Beauce.  

   Quant au poids, le Dr. R. Pollet (1) considère comme fiables les moyennes approximatives suivantes pour le Berger allemand : 35 kg (mâle) et 28 kg (femelle) et pour le Berger belge : 29,5 kg (mâle) et 23,5 kg (femelle). Le tableau ci-après donne la relation « poids/taille » laquelle démontre que les Bergers allemands sont plus lourd que les Bergers belges.  

 

Berger Belge

Berger allemand

 

Femelle

Mâle

Femelle

Mâle

Poids

23,5

29,5

28,0

35,0

Taille

59,0

63,0

59,0

64,0

Poids/Taille

0,40

0,47

0,47

0,55

    Relisant l’article illustré de Gaston De Wael (« Chasse et Pêche » de décembre 1925) intitulé « Du Berger Continental au Chien de Berger belge » , c’est le Berger hollandais, aussi bien pour la taille que par tous les autres aspects décrits dans le standard, qui s’est le moins éloigné du type primitif.  Le Berger allemand est sans conteste celui dont le phénotype s’est tellement modifié qu’il n’a pratiquement plus rien de commun avec son ancêtre le berger continental ni même avec le type d’avant 1914.  Avec une longueur de corps pouvant atteindre jusqu’à 17% de plus que celle de la hauteur au garrot, c’est devenu un lourdaud. Et que dire des angulations excessives de l’arrière-main !

    « Harmonieusement proportionné » est une expression nouvellement introduite dans le standard « Verbanck » de 1956. Quand les parties d’un ensemble ont des rapports harmonieux entre elles et avec la totalité, on peut parler de BEAUTE, d’HARMONIE. Le Berger Belge se caractérise par l’harmonie de ses formes. Cette beauté, cette harmonie est engendrée notamment par le rapport entre la hauteur au garrot et la longueur du chien ; entre la longueur et le périmètre thoracique… et il se trouve que ce « rapport », si souvent présent, est le « nombre d’or » appelé aussi « divine proportion ». Très connu des comptables,  pour avoir écrit en 1494, dans la « Summa », les règles d’une comptabilité par parties doubles, le moine franciscain et mathématicien Luca Pacioli (15ème siècle) est l’auteur de l’ouvrage «  De Divina Proportione » qui fut adopté comme canon de la Beauté , de l’Harmonie. La « divine proportion » se trouve par voie géométrique, par la division d’une droite en moyenne et extrême raison. Une longueur de 1000, ainsi divisée, aura pour moyenne raison (majeure) 618,0339887, pour extrême raison (mineure) 381,9660113.  

   Appliquée dans l’architecture et dans plusieurs autres domaines, cette « divine proportion » a également été étendue à nos principales espèces domestiques. Chez nos chevaux de trait, un tel rapport existe entre la hauteur au garrot et la longueur de la tête. En effet, si l’on divise la ligne fondamentale qui est la hauteur de la taille au garrot, l’extrême raison (la mineure) sert de mesure à la longueur de la tête.

Pour notre Berger Belge, il en résulte les chiffres suivants :  

Hauteur  en cm

Longueur de la tête en cm 
(Hauteur x 0,382)


56
57
58

59

60
61
62

63

64
65
66


21,4
21,8
22,2

22,5

22,9
23,3
23,7

24,1

24,4
24,8
25,2

    En préconisant une longueur de tête de 25 cm pour un chien de 62 cm de taille, le standard « Verbanck », qui a introduit cette nouvelle donnée, se réfère à un rapport de 40% entre la hauteur du chien et la longueur de la tête. Un tel rapport se retrouve dans le standard de bien d’autres races. Selon les données ci-dessus, une longueur de tête de 25 cm correspond pas à un chien de 62 cm mais plutôt à un chien de 65 à 66 cm de taille. Le rapport harmonique pour une femelle de 59 cm est de 22,5 cm.  

    La conformation du Berger belge est celle d’un médioligne (du latin medius qui signifie : moyen), c’est-à-dire construit harmonieusement sans qu’aucune de ses régions n’ait d’exagération ni en raccourcissement ni en allongement, la longueur du corps de la pointe de l’épaule à la pointe de la fesse est approximativement égale à la hauteur au garrot pour le mâle (la femelle, comme dans toutes les races, étant un peu plus longue que haute), encolure bien musclée et bien fondue avec les épaules portant fièrement la tête. La poitrine est peu large mais profonde avec un périmètre thoracique supérieur de 1/5 à la hauteur au garrot, dos droit, rein bien soudé, croupe peu inclinée, membres antérieurs et postérieurs bien d’aplomb dans toutes leurs lignes (vus de profil, de face et par derrière). La poitrine avec des côtes modérément cerclées atteint dans sa partie inférieure le niveau de la pointe du coude. Les pieds des membres antérieurs ont des doigts arqués, serrés les uns contre les autres, donnant l’impression d’un pied rond, avec des coussinets plantaires résistants et bien développés. Les doigts des membres postérieurs sont toutefois un peu plus longs et donnent au pied une forme plus ovale. La queue portée basse au repos dans l’axe du corps descend jusqu’à la pointe du jarret.   

Le Berger belge, ce lupoïde médioligne à l’harmonie fonctionnelle, tant statique que dynamique, est un chien de format moyen ou eumétrique (du grec eu-metrios qui signifie : bonne mesure) , terme utilisé dans quelques standards. 

   Au delà de 65 à 66 cm de hauteur, le berger belge devient trop grand et trop lourd. Il possède moins d’influx nerveux qui est sa qualité maîtresse et devient moins résistant à la fatigue. Le Berger Belge est et doit rester un animal particulièrement polyvalent. Pour ce faire, il ne faut pas qu’une taille excessive ne prenne le pas sur la mobilité. Dans sa thèse « Le Malinois en Ring – étude génétique des performances » soutenue en 1992 pour le doctorat vétérinaire devant la Faculté de médecine de Créteil, Jean-Marc Degauchy résume les qualités du Malinois comme suit : « Disons que ce chien est servi par un gabarit et un physique très favorable à la vivacité et au saut (chien léger et puissant) et des dispositions psychiques intéressantes ».  

   De profil, le ligne du crâne paraît rectiligne. La ligne du chanfrein est également rectiligne et forme une ligne parallèle à l’axe du crâne. Les deux régions sont séparées par un stop (cassure du nez) modéré en pente douce. Les deux régions sont sensiblement de même longueur , la première étant mesurée de la pointe occipitale à une ligne rejoignant les extrémités des paupières internes des yeux, la longueur du chanfrein étant mesurée de cette ligne à l’extrémité du nez. Il n’y a pas d’inconvénient à ce que le chanfrein soit un rien plus long à condition de ne jamais donner une impression efféminée. Les chanfreins trop longs confèrent à la tête du Berger belge un aspect pointu, s’accompagnant d’un crâne trop étroit et d’un stop trop atténué ou effacé. Ce défaut grave qui existait déjà avant la première guerre se rencontre toujours (trop souvent) de nos jours. Que dire des chiens avec absence de stop qui obtiennent le qualificatif « Excellent » ? Ou plutôt que dire des juges qui accordent une telle qualification ?  

   La largeur du crâne mesurée dans sa portion la plus grande (niveau des arcades orbitaires externe) est sensiblement la moitié de sa longueur. La distance entre les 2 yeux (angle interne de l’oeil) est d’environ la moitié de la largeur de la tête.  

   Par rapport à l’axe longitudinal de la tête, l’axe ou la ligne réunissant les deux angles des paupières présente une obliquité ou un angle qui oscille autour de 45°. Cet angle qu’on dénomme angle axio-oculaire se retrouve chez tous les médiolignes.   


   Les enseignements qu’apporte la prise des mensurations et des poids sont importantes. Non seulement elles apportent des précisions au standard mais aussi pour évaluer l’évolution qui s’opère au fil des décennies et pour apporter, par des comparaisons notamment avec le passé, des directives à suivre dans l’élevage.

Brakel, janvier 2006.
Jean-Marie Vanbutsele

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