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Le Berger belge |
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De l'utilité des accouplements inter-variétés |
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Chapitre 3 : Cas particuliers d’accouplements inter-variétés Cas
du « Poil court noir » Chez
le poil court noir dominant (K), les deux caractères principaux,
poil court et couleur noire, étant dominants, peuvent donc toujours
cacher du poil long ou la couleur fauve-charbonné sans qu'il soit
facile de le déceler. Les combinaisons sont donc multiples et c'est très
probablement un des motifs pour lesquels l'élevage du « poil
court noir » n’a pas rencontré plus de succès. Chez le poil
court récessif (aa), les combinaisons sont plus simples
notamment avec le Malinois. En excommuniant, en 1973, la variété du
poil court noir, n’a-t-on pas pêché contre la préservation de la
variabilité génétique en ôtant la possibilité de s’adapter à une
modification des objectifs de la race ? Le poil court noir,
allié au Malinois, n’aurait-il pas pu servir de chaînon intermédiaire
pour transférer, par des retrempes bien réfléchies, des qualités au
Groenendael en pleine perte de vitesse ? Les accouplements avec le poil dur Le
poil dur diffère complètement des autres variétés tant par la
couleur que par la nature du poil avec une absence presque complète de
sous-poil. Le fauve (ou Laekenois), seule couleur encore admise depuis
1973, est d’un fauve qui n’a pas le même aspect que celui de nos
Malinois et de nos Tervueren. A
propos du poil dur, Ch. Huge nous livre, dans un article publié en mars
1920, de très intéressants commentaires que voici : En
conséquence, si dans une portée de bons poil dur est né un chiot qui
reste à poil court, ne le supprimez pas. Ce poil court pourra le
plus sûrement transmettre héréditairement le poil dur. Pour le poil
dur, la garniture obligatoire du museau est une difficulté singulière.
Dans
même la revue « Chasse et Pêche » du 17 septembre 1922,
Charles Huge s’exprimait encore : Demandez
donc aux éleveurs de griffons bruxellois si le brabançon n’est
pas pour une grosse part dans leur réussite ? Et s’ils hésiteront
à utiliser un noir, dit griffon belge, pour les chiennes à face pâle ?
Mais s’il n’y avait pas dans les anciens chiens bergers belges des
chiens noirs, les fauves n’auraient jamais possédé le masque noir,
et si celui-ci manquait un jour, la retrempe serait tout indiquée ». Cas
d’inter-variété : poil long x poil dur « Les
rares expériences que j’ai vu dans ce genre, raconte Charles Huge, et
celles résultant d’accouplements accidentels ont donné de très
mauvais résultats (tels le poil très ondulé et le poil de chèvre)
persistant après plusieurs générations. » Après
chacune des deux guerres, diverses mesures furent prises pour
reconstituer le cheptel canin qui avait fort souffert surtout des réquisitions.
Jamais on n’autorisa les accouplements poil long avec poil dur. Voici
toutefois une expérience que le Docteur Y. Surget évoque à la page
158 de son ouvrage « Le Chien de Berger belge ».
Sur
la texture et la longueur des poils des autres sujets nés de cet
accouplement, il y a absence totale d’information. Il en est de même
pour les nichées engendrées par les deux ou trois descendantes connues.
Quina-Quarteronne, espoir de la variété dans les années 70, ne
s’avèrera pas la fondatrice d‘une longue lignée de poil dur car
après trois générations, il ne restait plus rien. Certes les
nombreux motifs invoqués par le Docteur Y. Surget sont exacts mais le
fait qu’à la base le poil dur, comme l’a écrit à très juste
titre Charles Huge, est un « poil combinatoire et instable »
ne facilite nullement son élevage. Voici
un autre cas d’inter-variété Groenendael x Laekenois. Cet
accouplement eut lieu fortuitement dans un élevage « toutes variétés »
dans un continent situé aux antipodes de notre pays. Cela s’est
passé fin 2003 ou début 2004. Outre 4 Laekenois (poil dur
fauve), la nichée comprenait également « un poil dur noir »
ainsi qu’ « un poil court noir ». Cet accouplement
confirme l’interaction de dominance du gène « poil dur »
par rapport au gène « poil lisse (long ou court)». Mais la
dominance d’un allèle sur un autre n’est pas toujours complète.
C’est le cas dans cette nichée puisqu’il s’y trouve un poil
court. Inutile
de vous raconter que cette nichée occasionna une polémique entre éleveurs
pour l’octroi des pedigrees. N’est-il pas dommageable que
d’authentiques Bergers Belges fassent l’objet de discrimination pour
une question de couleurs appartenant au patrimoine génétique de notre
race. A deux reprises, le poil court noir et le poil dur noir ont été
bannis du périmètre des couleurs du Berger belge. La première
exclusion eut lieu en 1898 lors de l’attribution d’une couleur spécifique
pour chaque type de poil. Réhabilités en 1920, ils furent bannis en
1973 (circulaire F.C.I. 18/1973 du 21 juin 1973). Pourquoi cette
suppression de la couleur noire pour le poil court et le poil dur.
Certes, il est vrai que leur nombre était devenu fort restreint mais était-ce
un argument valable et objectif ? A-t-on suffisamment tenu compte
de tous les aspects génétiques ? Puis-je rappeler ici une
autre citation de Charles Huge : « En effet, d’où vient le
charbonné chez le Malinois ou le Laekenois ? La tendance à pâlir
a fait admettre que, dans les races à couleur variable, il faut
conserver la variété noire comme base de retrempe du pigment sous
peine de décoloration par dégénérescence. Il en est ainsi par
exemple pour les Griffons belges (noir) et Bruxellois (fauve charbonné). » Sur
le plan historique, c’est méconnaître (ou enterrer) les décisions
prises lors de l’importante assemblée consultative tenue en 1920 sur
base des propositions émises par le « Royal Berger Belge Club »
et de son Président Joseph De Mulder. (Rappelons que si aujourd’hui,
le Laekenois et le Tervueren forment des variétés reconnues, c’est
bien grâce à lui.) Les couleurs, appartenant génétiquement à la
race, furent toutes réadmises. Avec Charles Huge, il oeuvra pour le
retour du poil court noir. Demain, qui sait, il y aura bien un pays qui
s’accaparera d’une partie de notre patrimoine. Réhabiliter le poil
court noir, c’est bien plus simple à mettre en œuvre que la
reconstitution du « Bouvier Ardennais » ou du « Mâtin
de trait belge ». Avant la première guerre, ce dernier était un
autre « monument » de la cynologie belge pour lequel le
Professeur Ad. Reul élabora, en 1899, le standard de cette race et y
consacra beaucoup de son temps et de son énergie. |
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Chapitre 4 : Les croisements avec une autre race. Nombreuses
furent les tentatives de croiser le Berger allemand avec notre Malinois.
Cela se passe encore de nos jours. Il y a quelques mois seulement, lors
d’une de mes promenades quotidiennes avec Ucky, mon Malinois, j’aperçois
dans une voiture un Malinois de bonne conformité. Le propriétaire
s’avère être un agent de la police fédérale. J’engage la
conversation et lui propose de me fournir à l’occasion une
copie du pedigree de son compagnon. Aimablement, il me répondit ne pas
pouvoir me fournir ce document car son auxiliaire était le produit
d’un croisement avec un Berger Allemand. Ce chien avait tous les
signes extérieurs d’un Malinois ce qui révèle, du moins pour ce cas
particulier, une prédominance des caractères génétiques du Berger
belge sur celui de son cousin lointain. Le policier me signala également
être très satisfait des performances de son compagnon de travail. Certes,
à la première génération, l’union des propriétés héréditaires
de deux individus de races différentes engendre souvent des sujets qui
montrent des qualités supérieures à celles de leurs parents. C’est
le phénomène de l’hétérosis ou de « vigueur hybride ».
Mais l’hétérosis, fort en première génération, disparaît plus ou
moins au cours des générations successives. C’est en partie le fait
de l’application de la loi de disjonction des caractères de Mendel.
Voici le point de vue du Professeur B. Denis : « Le déterminisme
de l’hétérosis est complexe… Le seul point qui reste certain est
que l’hétérosis est lié à la structure hétérozygote du génotype.
Comme il est impossible de fixer l’hétérozygotie, il est impossible
de fixer l’hétérosis dans le cadre d’un programme d’amélioration
génétique de race pure. » Voici,
à titre de preuve, quelques exemples de petites annonces symptomatiques
parues au cours des années 1920, 1921 ou 1922 : Avant
la première guerre, il a été de mode parmi les éleveurs de
Groenendael d’éliminer tout ce qui était porteur des ancestrales
marques blanches, et Dieu sait combien de bons sujets ont été dédaignés
et rejetés de l’élevage à la suite d’un ostracisme inconsidéré.
Sans compter que, pour obtenir ce noir parfait, certains des amateurs
eurent recours à des croisements avec d’autres races (Retrievers,
Terre-Neuve). (Chasse et Pêche 1938). Dans
la revue « L’Eleveur belge » des années 1913 et 1914,
nous retrouvons également quelques débuts de preuves concernant des
croisements avec d’autres races. Voici un extrait prélevé dans
un rapport consacré à l’explication de différents points du
standard : « La queue mal portée est un défaut que de tout
temps nous avons cherché à combattre sans grand succès,
malheureusement. Il est à remarquer que ce défaut est beaucoup plus
accentué chez les groenendaels que chez les sujets des autres variétés.
A quoi cela tient-il ? Serait-il vrai, comme certains le prétendent
et feu O. Reumon en était, qu’au début de l’élevage, certains éleveurs,
pour obtenir des chiens noirs, n’ont pas hésité à y introduire des
loulous de Poméranie noirs ». Publiant
en juillet 1913 un « projet » de standard élaboré
par la « Société du Chien de Berger de Tervueren » (dont
la présidence était occupée par Ch.
Danhieux), la rubrique « cassure » était complétée par la
remarque suivante : « … ,afin d’éviter que les sujets
possédant du sang de collie, où l’absence de cassure est désirable,
s’introduisent dans l’élevage. » Ce signalement n’apparaît
plus dans le texte du standard définitif publié quelques mois plus
tard. Le
Docteur Vétérinaire Yves Surget signale dans son ouvrage « Le
Chien de Berger Belge », publié en 1994, le cas de l’élevage
« du Mont-Sara ». Ce sont des mots accablants. Tout
croisement avec une autre race est à bannir, car c’est aller tout
droit à la casse et aux dégâts. Outre les aspects morphologiques ou
la structure anatomique, ce genre d’opération entraîne toujours une
perte de caractère. L’exemple souvent cité est celui de
l’introduction du sang de lévrier Barzoï chez le Scottish Collie à
poil long. Ou du sang de Greyhound chez le Dobermann. A contrario, si
les caractères généraux de la race pour les variétés à poil long,
à poil court ou à poil dur sont identiques, l’accouplement inter-variété
est tout indiqué lorsqu’il s’agit d’améliorations des aptitudes
au travail ou de la structure anatomique, bien plus difficiles à réunir
que la texture et la couleur du poil. Les exemples de réussite
d’accouplements inter-variété dans d’autres races nous le
confirment. Que
le Berger Hollandais fasse appel à nos variétés pour améliorer leur
cheptel bien plus restreint que le nôtre doit être considéré comme
un mariage inter-variété et certes pas comme un croisement intra-race.
En effet, l’origine historique et le patrimoine génétique sont
communs. N’ayant pas un nom de famille, le Griffon Bruxellois (poil
dur fauve), le Griffon Belge (poil dur noir) et le Petit Brabançon (poil
court fauve) sont enregistrés chacun sous un standard distinct (portant
les numéros 80, 81 et 82). Est-ce logique ? Les caractères généraux
ou morphologiques sont identiques et ils ne différent, à l’image du
Berger belge, que par des différenciations bien fixées au niveau de la
nature et de la couleur du poil. Dès lors, il s’agit bien de variétés
d’une même race. Le nom de « Petits Belges » ne
pourrait-il pas servir de patronyme commun pour corriger une
classification non conforme aux notions de race ou de variété ?
Préconisant les races pures avec interdiction de tout croisement, le Kennel Club anglais, sans étude préalable sur les aspects et les conséquences génétiques en la matière, mis, en juin 1991, les deux clubs anglais du Berger belge en demeure d’opter
Malgré
la décision prise par une très large majorité des membres des deux
clubs en faveur de la première option, le Kennel Club décida d’opter,
en novembre 1991, pour la seconde alternative, celle de la race unique.
La décision du Kennel Club s’appuyait notamment sur un avis très
succinct du Dr. B. Willis, généticien, qui abondait dans le sens
de la suppression des variétés et qui qualifia au passage notre
race de : « the mockery of the concept of breed ».
Derrière cette critique, Willis cache, à l’évidence, la faiblesse
de ses connaissances de notre race et surtout l’ignorance de la problématique
spécifique de l’inter-variété. Malgré
un dossier solidement argumenté et complété de nombreuses missives de
soutien en provenance des autorités et personnalités canines tant
belges que d’autres pays, remis en avril 1992, les autorités canines
anglaises ne revinrent pas sur leur décision. Elle fut mis en
application à partir du 1 janvier 1994. Un
des éléments du dossier était la mise en garde du Professeur R.
Hanset de Tel
était l’avis du Professeur R. Hanset : « La situation qui
prévaut actuellement au sein de la race du chien de Berger Belge avec
ses quatre variétés et intermariages occasionnels rappelle à maints
égards le schéma considéré comme idéal pour l’amélioration
rapide d’une race prise dans son ensemble et qui consiste dans sa
subdivision en de nombreux sous-groupes partiellement isolés au sein
desquels se pratiquent linebreeding et sélection, des croisements
intervenant occasionnellement soit entre les meilleurs groupes
pour éviter la consanguinité soit pour améliorer les groupes les
moins bons par introduction de mâles provenant des meilleurs. » La
fusion des quatre variétés engendra, sur plusieurs plans, des effets
dramatiques et dévastateurs sur l’élevage. Le nombre de nichées
déclina d’années en années. Ainsi, à titre d’exemple, en 1994,
41 nichées de Groenendael furent enregistrées, mais en 1999 le nombre
tomba à 19 seulement. Toutes les conséquences ont été analysées par
Margy Pratten, Secrétaire du « Belgian Shepherd Dog Association
(GB), qui publia dans le « Year Book 2000 », un excellent
rapport sur la question et qui s’intitule : « The
complications of the BSD classification in the UK. What is the problem ? ».
Elle explique aussi comment le Kennel Club, empêtré par des décisions
contradictoires, a été amené à revoir sa position. A partir de
janvier 2000, ce fut le retour aux quatre variétés avec « cross-registration »
des chiots mais avec totale interdiction des mariages inter-variétés. Suite à une récente demande d’autorisation d’accouplement Laekenois-Malinois, le Kennel Club a octroyé son accord accompagné des mesures d’application suivantes :
Comme
corollaire, tout chiot issu de parents portant « chacun »
une ou plusieurs étoiles ne pourra faire l’objet d’un
enregistrement. L’accord ne concerne, pour le moment, que cette seule
demande. Non seulement en phase avec la génétique, cette proposition
constructive, évitant l’utilisation de divers registres
d’inscription, permet d’établir des pedigrees complets et
transparents pour l’éleveur et le généalogiste. Les
arguments pour justifier l’interdiction de l’accouplement inter-variétés
ne manquent pas. Au niveau de la texture du pelage, mélanger poil long,
poil court, poil dur donne une assez grande variété de patrons à
cause des phénomènes de dominance incomplète. Au niveau des couleurs
on peut également trouver des arguments. Les hétérozygotes étant
souvent moins beaux que les homozygotes, les éleveurs, au nom de la
qualité, ont intérêt à sélectionner les variétés pour elles-mêmes
et à ne pas les accoupler entre elles. Cela conduit à l’isolement génétique
et à la différenciation morphologique et/ou caractérielles (travail
d’un côté, compagnie de l’autre par exemple). Il convient
toutefois de ne surtout pas en faire une règle absolue et il est même
nécessaire que les variétés se mélangent de temps à autre pour éviter
une trop grande dérive par rapport à la moyenne de la race. Se
pose alors la question de savoir quelle est la place des variétés dans
la gestion génétique d’une race ? La sélection doit préserver
une variabilité génétique intra-race suffisante. Les raisons qui
militent en faveur d’une variabilité génétique suffisante au sein
du Berger belge sont multiples. Il faut conserver au Berger belge de
bonnes qualités d’élevage (fertilité, robustesse, etc.). Bon nombre
d’anomalies étant récessives, la réduction de la variabilité génétique
accroît la fréquence de leur apparition. Il faut conserver au Berger
belge une certaine homogénéité entre les différentes variétés en
évitant les différences morphologiques et caractérielles trop
marquantes. La sélection à outrance dans une sphère aussi restreinte
que la couleur stricte et la texture absolue du poil est un obstacle
infranchissable pour une variété peu répandue comme le poil dur. Début
1963, Conclusion L’histoire
nous enseigne que le Berger belge est la réunion de plusieurs variétés
au sein d’une seule et même race. Pour que le phénotype et le génotype
restent les mêmes entre les variétés, nous devons effectuer des
accouplements inter-variétés. L’absence de ces accouplements éloignerait
les variétés les unes des autres avec le risque évident de façonner
des sujets de types très différents pouvant entraîner à terme des
caractères tellement distincts qu’il ne s’agira plus de variétés
différenciées uniquement par la nature du poil. Pour ne pas
s’engager dans cette voie, la seule issue est la retrempe par des
accouplements inter-variétés, dont le poil court sera le grand facteur
et le pivot. Terminons
cette étude en laissant, si je puis dire, le mot de la fin à F.E.
Verbanck. Dans un article intitulé "Plusieurs variétés, mais UNE
SEULE RACE", (paru en janvier 1962 dans la revue du « Royal
Saint-Hubert Club de Belgique », il résume avec des mots appropriés
le cadre précis dans laquelle devrait se situer toute opération
d’accouplement inter-variété : Novembre
2007
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