|
|
|
|
|
Le Berger belge |
||
|
De l'utilité des accouplements inter-variétés |
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Avant
- propos Ce
travail de synthèse est une tentative, élaborée par un amateur qui
s’intéresse à l’hérédité, pour montrer l’intérêt
passionnant du sujet abordé et son interaction avec les aspects
historiques. Les scientifiques se sont beaucoup occupés des couleurs et
de leur hérédité, mais très peu de la texture du poil et de son évolution
dans les accouplements inter-variété. Puisse ce document,
essentiellement didactique, servir comme rapport de base pour toute réflexion
en la matière. Il s’inscrit aussi dans
la foulée de l’article sur « la génétique des couleurs ». Rappelons
brièvement les principaux gènes allèles déterminant les couleurs de
base de nos bergers : Au
locus A (Agouti) : Au
locus K (Black) : Note
:
Chapitre 1 : Les types de poils Le
Berger belge connaît trois variétés de poils :
Bernadette
Queinnec (1991) a fait une analyse très détaillée selon les
variations du poil et les modèles de pelages. Selon cet auteur, le poil
varie dans :
Les
deux variétés à poil court et à poil long, sont quant
à la texture et à la forme des poils lisses droits. Il
arrive que d’autres caractéristiques telles que poil ras, demi-long,
laineux, ondulé ou bouclé apparaissent dans l’une ou l’autre lignée.
Il s’agit-là de défauts à éviter. Sur
le plan génétique, les données sont très limitées. Retenons les
principaux gènes suivants ( par convention, une lettre majuscule désigne
un allèle dominant et une lettre minuscule un allèle récessif) :
Les
formules génétiques élémentaires sont donc les suivantes : Les
divers types de poils, la longueur du poil, la densité ou la proportion
entre poil (jarre) et sous-poil (duvet), etc. sont des facteurs qui
interviennent pour déterminer l’effet optique final. En effet, tous
les types de poils ne « prennent » pas la couleur de la même
façon. L’âge est également un important facteur modificateur
d’expression. Divers facteurs de milieu tels que le soleil, le froid,
ou le léchage peuvent aussi influencer l’expression de la couleur. A. Les règles de dominance. 1.
Le poil
long
b)
Accouplement d'un poil court "homozygote" avec un poil court
"hétérozygote" (LL + Ll).
Tous
les produits seront à poil court, mais la moitié seulement en seront
homozygotes.
3.
Le poil dur Voici
une note instructive parue dans L’Aboi du 1er septembre 1946
: Les
règles de dominance présentées ci-dessus constituent sont, en réalité,
un peu plus complexes. Entre gènes allèles, la récessivité
n’est pas toujours aussi complète qu’on ne le pense. Ainsi l’hétérozygote
Ll ne serait pas toujours « poil court » mais parfois
« mi-long ». Tout
gène majeur étant affecté dans son expressivité par de nombreux gènes
modificateurs, la longueur du poil est aussi déterminée par un grand
nombre de gènes, les polygènes qui ne sont ni dominants ni récessifs.
Cette action de nombreux gènes modificateurs est appelée « hérédité
polygénique ou quantitative ». En d’autres mots, la génétique
quantitative étudie les caractères mesurables. Pour l’essentiel,
c’est à dire la sélection sur la beauté morphologique et sur les
aptitudes, l’éleveur a affaire à des caractères quantitatifs. Il en
est ainsi pour la hauteur au garrot, le poids, la vitesse de croissance,
etc. La
génétique qualitative ou mendélienne s’intéresse aux caractères
non mesurables d’un nombre de gènes réduits. Les caractères
qualitatifs se définissent par une qualité (couleur fauve ou noire,
oreilles dressées ou tombantes, poil lisse ou poil dur, etc.). C. Le sous-poil. Chez
le Berger belge, chien de travail, on note la présence d’un sous-poil,
ou duvet, qui sert de protection contre le froid et de poils, ou jarres,
qui protègent de la pluie.
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Le
terme "croisement" étant impropre quand il s'agit de
chiens d'une même race, nous avons opté pour l’expression « accouplement
inter-variété ». Au sein d’une race, la notion de variété se
distingue par le type de poil. Le poil étant de longueur,
d’aspect et de direction fort variés chez les chiens de berger du
type belge, il y a lieu d’adopter ce criterium pour distinguer les
trois variétés ( à poil long, à poil dur et à poil ras) de la race,
souligna le Professeur Ad. Reul, dans le premier standard établi en
avril 1892. C’est à ce niveau de la nature du poil que réside les
difficultés majeures de l’accouplement inter-variété. Nous y
retrouvons la combinaison de la génétique qualitative ou mendélienne
(poil lisse ou poil dur) et de la génétique quantitative c’est-à-dire
des effets polygéniques. Que le poil soit plus ou moins long ou plus ou
moins dur répond à l’action de polygènes. Analysons
maintenant le résultat des accouplements inter-variétés en se
limitant aux principales combinaisons. Certaines sont accompagnées
de l’explication des lois de Mendel. Pour les chiens autres que noirs,
nous les considérons tous charbonnés et porteurs du masque noir
(expression du gène dominant « Em »), deux
particularités du Berger Belge. 1.
Les accouplements entre poil long Groenendael et Tervueren. Un
accouplement entre chiens de même nature de poil (poil long en
l’occurence) mais différenciés uniquement par l’un ou l’autre gène
mendélien de couleur, n’est pas, stricto sensu, un « accouplement
inter-variété ». Si l’accouplement Groenendael x Tervueren est
toutefois considéré, de facto, comme un accouplement inter-variété,
il faut en chercher le motif auprès des autorités canines qui opèrent
le distinguo des variétés en fonction de l’octroi des CAC !
Sachant que deux poils longs produiront presque toujours que des chiens
à poils longs, ce chien est dit "homozygote" quant à la
longueur du poil. Voilà en ce qui concerne la longueur du poil. Quant
à la couleur, nous vous proposons les cas suivants : Cas
1 : Accouplons un Groenendael homozygote KK,AyAy (porteur
de l’allèle noir dominant K) avec un Tervueren
homozygote kk, AyAy . Quelles couleurs auront les chiots ?
Sachant que chaque allèle de l’un des géniteurs se reconstitue en
paires avec un des deux allèles de l'autre géniteur situés au même
endroit (locus), nous obtenons le carré suivant :
Tous
les chiens ont la formule génétique : Kk, AyAy .
Comme K est épistatique (= dominant) sur Ay, tous les
chiots apparaîtront donc noirs et restent génotypiquement porteurs de
la couleur fauve. Ils sont tous hétérozygotes pour le noir (Kk).
Cas
2 : Accouplons maintenant deux Groenendael hétérozygotes Kk,
AyAy issus de cette première filiation. Quelles sont les
combinaisons possibles ?
Nous
obtenons : - 4 soit 25 %
de Groenendael homozygote
Cas
4 : Le
poil long et la couleur fauve-charbonné du Tervueren étant tous deux récessifs,
il va de soi que ce chien est homozygote en ce qui concerne ces deux
caractéristiques. L'accouplement d'un Tervueren avec un autre Tervueren
donnera du Tervueren. Il s'en suit qu'au point de vue reproduction le
Tervueren est un chien sans surprises. Mais pas toujours. Voyons le cas
suivant qui, il est vrai, revient de temps en temps à la surface. Cas
5 : Accouplement
de deux Tervueren ayant la combinaison génétique suivante : «kk,
Aya ».
Que
constatons nous ? La présence de chiots Groenendael porteurs en double
dose des allèles récessifs aa. Les petits frères ou sœurs
Tervueren sont soit homozygotes kk, AyAy soit hétérozygotes kk,
Aya. C’est un autre exemple de l’application de la deuxième
loi de Mendel. L’accouplement
d’un Groenendael KK, Aya avec un Tervueren kk, Aya ou
encore de deux Groenendael KK, Aya engendrent aussi des
chiens noirs récessifs mais vous ne pourrez pas les distinguer des
autres Groenendael également présents dans la nichée. A contrario,
dans une nichée de parents Tervueren, le noir est toujours un noir récessif.
Cas
de dilution du fauve en sable Les
Tervueren « fauve-charbonné » sont porteurs des allèles « I »
(du gène I – Intense) qui n’affectent pas l’intensité
du coloris fauve. Mais il existe aussi des chiens à poil long (appelés
depuis quelques décennies également Tervueren) dont la teinte fauve
est diluée. Ces derniers sont des « sable-charbonné »
porteurs de l'allèle récessif « i » qui réduit l'intensité
du fauve, l'impression de "gris" étant donnée par le
charbonné sur fond de robe sable. Cette dilution de couleur
n’est pas spécifique au poil long mais existe aussi chez le poil
court et le poil dur. Accouplons
deux Tervueren ayay porteurs des allèles de dilution
« Ii ».
Nous
retrouvons la répartition génotype 25 : 50 : 25 (ou 1 :
2 : 1) de la deuxième loi de Mendel. Parmi les 16 combinaisons
possibles, il y a 4 Tervueren qui ont l’allèle « ii »
en double dose. Ce sont des sables. Huit sont « Ii »
c’est-à-dire porteurs de l’allèle récessif en simple dose comme
leurs parents. Quatre autres sont des fauves « II »
non porteurs de l’allèle sable. Cet exemple explique la présence
simultanée, dans une nichée de Tervueren, de fauves charbonnés et de
sables charbonnés. Rappelons
que les chiens « sable-charbonné » unis entre eux ne
donneront que des « sable-charbonné ». La démonstration
est aussi valable avec le Groenendael. En remplaçant dans le tableau
ci-dessus ay par K, vous obtiendrez certes
tous des Groenendael car l'allèle récessif « i »
n'altère pas la couleur noire. Mais la moitié des Groenendael seront génotypiquement
porteurs de l’allèle « i » et un quart aura
le même allèle en double dose. Avec cet exemple de l’allèle sable,
la démonstration est faite qu’un allèle récessif est impossible à
éliminer.
Groenendael
x Malinois Accouplons
un Groenendael dominant (K) homozygote tant pour la couleur que
pour le type de poil avec un Malinois également homozygote tant pour la
couleur que pour le type de poil. Voyons le comportement simultané des
deux couples d’allèles : poil court et poil long, d’une part,
et couleur noire et fauve-charbonné, d’autre part.
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||