Belgian Dogs  &  Malinois Worldwide

L'Historique des Standards et des Variétiés 

du Chien de Berger Belge



1.  Le premier standard de 1892.  

Dans le journal hebdomadaire illustré "Chasse et pêche" du 15  décembre 1889, on pouvait lire ce passage :

"Il n'est notre connaissance que deux espèces de chiens de berger qui soient classées; c'est le collie et l'ancien berger anglais sans queue.  Nous  connaissons en Belgique des chiens de berger de tous  poils et des gardeurs d'oies; mais aucun club, aucune commission ne les a jamais définis".

C'est pourquoi, vers la fin de 1891, un grand nombre d'amateurs passionnés se réunirent à Bruxelles en vue de rechercher les moyens de faire mieux connaître et mieux apprécier les brillantes qualités physiques et morales du chien de berger aborigène.  C'est à cette occasion qu'est né le "Club du Chien de Berger Belge" le 29 septembre 1891.  Le Club avait obtenu le patronage de la Société Saint-Hubert qui naquit le 18 février 1882.

A partir de 1883, la Société Saint-Hubert éditera annuellement son Livre des Origines (LOSH).

Le Club du Chien de Berger Belge ne perdit pas son temps et se livra à une enquête minutieuse sur l'état de pureté des races de chien de berger belge.  A l'effet d'éliminer les éléments de provenance douteuse et, partant, d'élever sérieusement, de façon  à produire des sujets dont la parfaite homogénéité et les qualités transcendantes devaient finir par s'implanter de génération en génération, ils étudièrent par le bon office de nombreux médecins vétérinaires du pays entier qui s'associèrent à ce mouvement, tous les chiens de berger ayant du type.  Quelques membres du club se sont rendus à l'exposition de Francfort afin de comparer nos chiens au type allemand.

Les chiens de l'Agglomération bruxelloise et de la province du  Brabant furent réunis à l'Ecole vétérinaire de Cureghem le  dimanche 15 novembre 1891 à 10 heures du matin dans la grande  salle de la clinique.  Il faisait un temps à ne pas mettre un  chien dehors, ne permettant pas un photographe d'opérer, malgré ce contre‑temps 117 chiens ont été présentés.  Voici ce qu'écrivit à propos de cette réunion M.L. Vander Snickt, rédacteur en chef à "Chasse et Pêche" et ancien directeur des Jardins Zoologiques de Gand et de Dusseldorf :

"De cette inspection, il ressort qu'il existe dans la province du Brabant plusieurs types de chiens de  berger.  Le plus répandu et celui jugé le plus beau est un chien mesurant en moyenne 50 à 55 centimètres  à l'épaule; il y en avait de 62 centimètres.  Robe noire, noir mal teint, avec ou sans blanc à la poitrine, brun bringé ou jaune, poil couché, terne et dur, court sur la face et le front, le devant des pattes et le jarret, demi-long sur le corps, allongé sur le collier, la partie postérieure des jambes de devant, le ventre, la partie postérieure des cuisses et sur le dessous de la queue, oreilles droites, bien plantées, triangulaires, bien garnies de poils à l'intérieur et sur le bord des lobes, le poils ras sur le lobe extérieur, oeil brun, ne laissant pas voir de blanc, front large, plutôt plat, cassure du nez peu prononcée, museau effilé, bouche fortement fendue, joues très développées, cou abondamment garni de poils, ligne du dos droite, reins larges, épaules  obliques, poitrine étroite, descendue et profonde, queue longue, pendante au repos, relevée en courbe à l'extrémité.

La catégorie des chiens à poils durs diffère sensiblement de la précédente et est moins homogène poil, ébouriffé, est le plus souvent gris de fer ou gris brun; le front paraît moins large; les oreilles, plus longues mais portées droites, moins pointues, sont plantées très haut sur la tête.  Souvent ces chiens n'ont qu'un moignon de queue; devons‑nous voir là un signe de parenté avec le bouvier français ?

Les exemplaires à poils ras sont moins nombreux; ils ont la plupart des points de ceux à poils demi-long. Le poil ras par tout le corps, mais il reste toujours un peu plus allongé sur les parties où il  l'est chez l'autre; la queue est toujours épiée, en brosse".

D'autre part, un grand nombre de chiens des autres provinces  furent examinés à domicile par les délégués du club.

Lors de son Assemblée Générale du 3 avril 1892 et d'après l'étude comparative élaborée par le Professeur Ad. Reul, qui s'était documenté auprès de plusieurs sources étrangères et notamment auprès de l'ouvrage paru en 1888 «The Collie, Its history  Points and Breading» par le vétérinaire Hugh Dalziel, le Club du Chien de Berger Belge fixe le standard de la race en la divisant en trois variétés : le poil long, le poil ras (appelé plus tard poil court) et le poil dur sans tenir compte de la couleur des fourrures.

Il est d'observation que presque toutes les races animales  d'élite, offrant le maximum d'uniformité, ont été créées par un seul homme ou sous la direction d'un seul amateur.  La création de la race du chien de berger belge ne pouvait faire exception à la règle commune.  Cet homme, ce fut le Professeur Adolphe REUL.  Il traça de main de maître un saisissant portrait du chien de berger belge en élaborant un standard physiologique c'est-à-dire dont tout caractère est explicable par le genre de vie et l'origine de la race.

"Robe très variée : noir, noir mal teint, brun, brun bringé, gris sale, d'aspect terreux, etc." ainsi s'exprime le premier standard paru dans "Chasse et Pêche" du 24 avril 1892.

Et d'ajouter : "Le poil étant de longueur, d'aspect et de direction fort variés chez les chiens de berger de type belge, il
y a lieu d'adopter ce point comme critérium pour distinguer trois variétés de la race et de reconnaître les chiens : 

                        A.  A poil long
                        B.  A poil dur
                        C.  A poil ras

C'est sous cette classification en poil long, court et dur que les chiens de berger belges apparaissent aux expositions jusqu'au 12 mars 1898. On ne prend pas encore positions quant aux couleurs.

Le dimanche 25 octobre 1896, une quarantaine de chiens de berger belges ont été rassemblés comme étant les meilleurs de la race dont ils représentent fidèlement les caractères typiques.  Deux familles bien représentées et dûment caractérisées ont particulièrement attiré l'attention du public; ce sont celle de PICARD à M. N. Rose, de Groenendael, et celle de POUTS à M.J.-B.  Jansen, berger à Laeken.  Les descendants de PICARD sont de beaux chiens à poil long noir; ceux de POETS sont à poil dur de couleur jaune or.  Parmi les chiens à poil court, on remarque SAMLO, à M. P. Beernaert, et MOUCHE, à Mme. Duchenoy.

Après cette séance tenue dans le but d'établir qu'il existait  bien trois variétés : ceux à poil long, ceux à poil dur et ceux à poil court, devant une commission (dont faisait partie le Professeur Ad. Reul) désignée par la Société Royale Saint-Hubert pour obtenir le droit à l'inscription des bergers belges au livre des origines, il fut un moment question d'abandonner la catégorie des chiens poil court parce qu'elle manquait de cachet et surtout d'uniformité.  Lors de la séance de commission qui suivit, le Professeur Ad. Reul s'institua le défenseur de cette catégorie de beaux chiens, se rappelant l'esthétique parfaite, la vive intelligence et le flair remarquable.

C'est vers cette époque (1897-1898) qu'on exigea que le chien de berger belge eût la queue entière et portée bas.  Il fut décidé qu'à l'avenir, il ne serait plus primé de chiens de berger belges sans queue, pour les motifs que la queue est par elle-même un ornement qui contribue à l'élégance dans l'allure et à l'aisance des "tête à la queue" qu'un gardeur de moutons est obligé d'exécuter des milliers de fois en une seule journée.  La queue constitue non seulement un ornement mais une protection pour les organes génitaux et l'anus.


  2. Sélection d'une couleur spécifique par type de poil en 1898 et 1899.


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