Belgian Dogs & Malinois Worldwide

Les débuts de la cynophilie belge



C'est en 1880,  à l’occasion du Cinquantenaire de l’Indépendance, que  l'histoire des races belges prît son départ. Un organisme éphémère sous le nom de « Société Saint-Hubert » se constitua et mit sur pied une exposition internationale à Bruxelles les 21,22,23,24 et 25 juillet 1880. Cinq jours, rien que cela ! Elle eut lieu à l’ancienne plaine des Manoeuvres, aujourd’hui le parc du Cinquantenaire. 976 chiens exactement furent engagés et soumis à l’appréciation de cinq juges.

Parmi les exposés, il y avait 9 chiens de Saint-Hubert. Parmi les chiens d’arrêt à poil court, il y avait 7 braques du pays,  race éteinte depuis très longtemps. Parmi les chiens d’arrêt continentaux à poil long, on en retrouve catalogués « du pays » : race également éteinte. 


Braque Belge

Parmi les bergers : une seule rubrique pour les continentaux (à poil long, à poil ras, français, allemands et du pays). Il y en a ... neuf ! Une seule chienne vient de France, les autres sujets sont des Turc, des Mirza, des Bergo, tout ce qu’il y a de plus indigène. Dix collies représentent la seule race bergère en vogue à l’époque.

Dans le groupe de terrier, le programme réserve une rubrique aux « terriers à poil ras, zains, à oreilles droites, sans queues, de race flamande, schipperkes ». On le voit, le désir des schipperkesmen de ne pas voir leur chien de prédilection classé parmi les chiens de dame date de loin : dès l’origine des expositions, il est de travail, dirions-nous presque.

Le succès de cette exposition de 1880 incita un certain nombre d’amateurs, presque tous chasseurs au chien d’arrêt, à se grouper définitivement en fondant, le 18 février 1882, la « Société de Saint-Hubert. A peine fondée, elle organisait un field-trial (épreuve pour chien d’arrêt en campagne) pour chiens de races anglaises. Rappelons que l’anglomanie régnait en maîtresse absolue à l’époque. Il est vrai que l’Angleterre avait pris une fameuse longueur d’avance. Le 15 août, une exposition canine était organisée à Spa réunissant plus de 550 sujets dont 160 chiens courants et 194 chiens d’arrêt. Cette première réunion tenue dans le pittoresque jardin de la salle Levooz  fut un premier succès.

Le 26 septembre 1886, le Roi Léopold II voulant reconnaître les services rendus par la Société  Saint-Hubert lui accorda le titre de Societé Royale. La Reine Marie-Henriette visita assidûment les expositions annuelles, souvent accompagnée de la princesse Clémentine. Elle aimait surtout les griffons bruxellois dont elle possédait des exemplaires remarquables. La sympathie dont les entourait la Reine Marie-Henriette leurs valait une vogue de bon aloi.

Enfin, dès la première année, les dirigeants de l’époque ont créé le «Livre d’Origine Saint-Hubert «(L.O.S.H.) dont le premier fascicule parut en 1883, contenant 172  inscriptions de chiens notamment deux terriers à poil ras, à oreilles droites, sans queue, de race flamande, schipperke. Ce stud-book n’a jamais cessé de paraître. Au L.O.S.H. de 1887 apparaissent les deux premiers « Petits griffons roux à poil dur, griffons bruxellois ». Dès son origine, le Stud-book de la Société Saint-Hubert fut reconnu par les Anglais et les Allemands.

Egalement en 1882 (le 5 novembre),  est paru le premier numéro d’une longue série (jusqu’en 1970) de la revue « Chasse et Pêche ». Louis Van der Snickt (1837-1911) en devint le rédacteur en chef. Il était l’ancien directeur des jardins zoologiques de Gand et de Dusseldorf. Il avait une grande expérience de l’élevage et un don aigu d’observation. Les articles qu’il publia et illustra dans « Chasse et Pêche » sont aussi instructifs qu’agréables à lire. Plusieurs volumes ne suffiraient pas, écrira plus tard Louis Huyghebaert, pour énumérer les services rendus à l’élevage par cet esprit infatigable et toujours en éveil.

En 1888, quelques amateurs fondent le « Schipperkes Club » suivi bientôt du « Club du Griffon bruxellois ». Notre petit diable national, le « Schipperke » conquérait rapidement une notoriété internationale bien méritée par son tempérament vif, sa vigilance tapageuse, sa tenace fidélité.

Si la traduction littérale de « schipper » est « batelier », le vrai sens du mot « Schipperke » a une toute autre origine. Les chiens de berger dans les régions flamandes étaient appelés « Schapershonden » c.à.d. chiens de moutons (sheepdog en anglais). Selon la région, on prononçait « schaper, scheper ou schieper ». Encore de nos jours. La finale « ke » désigne toujours le diminutif. C’est à juste titre qu’on retrouve aujourd’hui le " Schipperke" classé dans le groupe des chiens de berger.

Les textes sont présentés sous la forme publiée et dans la langue d’origine soit française soit flamande ou néerlandaise. Notre but est de rechercher, de rassembler et de transmettre aux générations futures tout ce que nous avons trouvé. C’est un travail qui absorbe énormément de temps. La généralisation des moyens informatiques et les progrès enregistrés par les logiciels de traduction permettront ainsi à tous les amateurs du monde entier d’accéder aux connaissances et à l’histoire de nos races de chiens belges.

Jean-Marie Vanbutsele

 

 


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