History

Qui fut Félix Verbanck ?



F.- E. Verbanck
 (1885-1973)


Il y a trente ans décédait F.-E. Verbanck. Loin de s’arrêter aux seules qualités esthétiques de notre race bergère, il s’intéressait à l’histoire, à la généalogie, à la génétique ainsi qu’aux caractères physiques de celle-ci. En un mot, c’était un grand connaisseur de berger. Il sut mettre en relief ses connaissances et fit valoir, à sa juste valeur, l’autorité qu’il s’était acquise par l’étude approfondie de toutes les questions ayant trait à nos races. Pour commémorer cet anniversaire, l’association « Belgian Dogs » vient d’éditer un recueil de ses articles (bookshop).

L’article, repris ci-dessous, résume très bien la personnalité de F.-E. Verbanck et de ses activités consacrées au service du sport canin belge. C’est un extrait qui émane du livre  «Le Bouvier des Flandres – hier et aujourd’hui » de Justin Chastel.

J.-M. Vanbutsele


Qui fut Félix Verbanck ?


Félix Verbanck : figure inoubliable et qui restera pour moi inoubliée. Il ne se passait pas une semaine sans que je reçoive une de ses lettres, sans que j'échange avec lui quelques propos.
Depuis des années, il m'honorait de son amitié; je le rencontrais fréquem­ment au cours des expositions et des réunions. Sa disparition fut pour moi une grande perte, mais son souvenir reste vivace. L'image que je garde de lui, dans ma mémoire apparaît maintenant avec une telle précision, un tel relief qu'elle me restitue sa présence et je sens qu'elle ne me quittera jamais.

Je revois Félix Verbanck tel qu'il était aux plus beaux jours de sa vie, sa lourde silhouette, son regard malicieux, et perçant. Ses connaissances en cynophilie étaient encyclopédiques et, pendant des années, je n'ai cessé de solliciter ses conseils. C'était un homme extrêmement courtois et qui savait se montrer spirituel, mais il pouvait aussi avoir la dent dure. On était certain de trouver en lui le plus attentif et le plus clairvoyant des interlocuteurs. Son attention, toujours aux aguets, lui permettait de suivre de très près l'actualité du sport canin. J'allais souvent le voir dans sa petite maison, où il aimait recevoir ses amis.

J'ai vécu des années dans son ombre, fier d'être son élève mais il me faut dire ici l'action spirituelle qu'il exerça sur moi et qui s'est prolongée tout le long de ma vie. Il m'a appris à réfléchir et à diriger mon esprit.J'ai souvent songé à Félix Verbanck dans certaines circonstances, lors de décisions ou de choix et je crois même que l'influence qu'il eût sur moi, s'est, à travers moi, transmise à mes jeunes amis. Pour mieux le faire connaître à ceux qui n'ont pas eu le plaisir de l'approcher, je ne puis que reproduire ce qu'on a écrit, à sa mort, un de ses amis, le Baron J. Coppens d'Eeckenbrugge :


« Son chenil de l'Ecaillon, fondé en 1930 alors qu'il habitait encore à Thion en France, a acquis une grande renommée et c'est actuellement encore avec fiereté que l'on cite cette fameuse lignée de Bergers Malinois.
Si cette race était sa préférée, la compétence de M. Verbanck s'étendait également à deux autres de nos races belges, le Bouvier des Flandres et les Schipperkes.

Secrétaire du Club National du Bouvier des Flandres, dont son frère était Président en 1947, nous pouvons affirmer que la qualité actuelle de nos Bouviers est le résultat de la Sélection et des conseils qu'il donna à un groupe d'éleveurs qui l'avait choisi comme conseiller d'élevage.

Les américains l'appréciaient tellement pour les Bouviers, qu'il leur avait conseillé d'importer, qu'ils créèrent en 1968 une grande Coupe Challenge en argent à disputer annuellement à l'Exposition de la Société Royale Saint­Hubert.

Pour la race des Schipperkes, c'est encore lui qui conseilla le fameux élevage des Schipperkes de Royghem, tenu par son frère Florimond.

M. Verbanck était un homme droit, un juge intègre, toujours accessible aux nombreux jeunes qui venaient à lui et à qui il faisait volontiers part de son expérience et de ses connaissances génétiques, car il aimait toujours rendre service. 

Membre de la Société Royal Saint-Hubert depuis 1926, il en devint administrateur en 1948 et en 1969 ,fut nommé par acclamations membre d'honneur, en remerciement des nombreux services rendus à la cynophilie.

Il fut en 1947 Président du Chien Pisteur Gantois à l'époque où cette discipline avait la faveur des amateurs. Il était le secrétaire modèle du Roval Groenendael Club et du Club du Bouvier des Flandres et sous son impulsion les amateurs faisaient de sensibles progrès.

Ses qualités d'organisateur furent appréciées et il devint en 1950 Vice­Président de l'Assemblée des Délégués; il siégeait également au Conseil Cynologique. Deux fois il fut appelé par ses collègues à la Présidence de la Commission de Qualification des Juges. Lui qui connaissait si bien le chien s'astreignit librement alors qu'il était Président, à suivre à la lettre le règlement et passa son examen de juge des Schipperkes devant des examinateurs plus jeunes que lui.

En 1964, lors de l'exposition de Charleroi, un groupe d'amis organisa une petite ,fête en son honneur, et le combla de cadeaux; à cette occasion il reçu du Ministère de l'Agriculture la décoration des Palmes d'Or de l'Ordre de Léopold.

Nombreuses furent les races qu'il connaissait à Thion il éleva des Pointers et des Cockers, mais sa simplicité, sa bonhomie n'en tirait aucune vanité et jusqu'à 197/ i/ continua règulièrement à juger.

Retiré depuis quelques mois dans su thébaide aux portes de Gand, il s'est éteint doucement à l'âge de 87 ans après avoir occupé au sein de la cvnophilie belge mie place dont nous ressentirons longtemps le vide. »



 

 

 


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