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| In Memoriam | ||
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Jean Du Mont |
Nous avons toujours eu une
grande admiration pour Jean. Nous l’envisagions comme l’« homo
universalis » dans le monde canin. Cette expression, « l’homme
universel » remonte à la renaissance et signifiait « quelqu’un
avec un corps athlétique bien développé, doué d’une intelligence
aiguë et possédant des talents dans bien des domaines ».
Devons-nous maintenant prouver que Jean répondait complètement à
cette description ? Pourquoi pas, nous faisons un effort dans ce
sens.
Jean était-il un athlète ? A la fin de sa vie, il était
difficile de s’imaginer qu’il ait jamais été amateur-lutteur, mais
ceci est cependant
Tout d’abord la dualité « beauté / dressage ». Jean était
juge international de beauté. Il était qualifié pour juger toutes les
races belges, un rêve qu’il avait caressé depuis longtemps et
qu’il a pu réaliser. Au début des années cinquante, il avait déjà
élevé des Malinois et quelques Tervuerens et Bouviers. En tant que
juge de beauté, il fut nommé d’abord pour les Bergers Belges.
En 1974 il fut nommé pour le Bouvier des Flandres. Pour pouvoir juger
cette race, il avait reçu le support de Justin Chastel. Son nom de
chenil était « van Sint Rombauts », car pendant la période
où il élevait, il exploitait un salon de coiffure avec sa femme, en
face de
En ce qui concerne l’opposition au niveau des langues, « néerlandais
/ français », autrement dit « wallon / flamand », il
faut savoir que Jean était anversois par naissance, mais qu’il était
entièrement absorbé par la culture française, car son père était
français. Pour compléter l’image, nous ajouterons qu’il se sentait
plutôt bruxellois et que, quand l’occasion se présentait,
il avait un plaisir fou à parler le « bruxellois » comme un
vrai « ket ». Grâce à ses nombreuses fonctions et sa
personnalité unique, il pouvait jeter un pont entre le nord et le sud
de notre petit pays. Nous pouvons d’ailleurs citer quelques unes des
nombreuses fonctions de comité qu’il a exercées. En ce qui concerne
les clubs de race, il était secrétaire général pendant plus de 20
ans, de 1974 à 1994, du « Club Belge du Bouvier des
Flandres », actuellement le « Belgische Club Belge du
Bouvier des Flandres et des Ardennes ». Jean avait une grande
admiration pour Justin Chastel, en ce temps là président de ce club de
race, et il l’appelait le « créateur » du Bouvier moderne.
Il avait une aussi grande admiration pour Félix Verbanck, qui était
son prédécesseur dans sa fonction de secrétaire et il l’appelait,
à son tour, le « réalisateur » du Bouvier. Les juges
d’antan, Georges Van Ceulebroeck, Joseph Marchand et Geo Tanghe,
qui avaient été ses ‘maîtres’, étaient ensuite devenus ses amis.
Pour ce qui est de la dualité oui ou non imaginaire « Société -
Union », il faut avoir une notion de l’organisation de la
cynologie belge. Il existe un peu de littérature à ce sujet et nous
estimons dès lors qu’il n’est pas nécessaire de s’étendre sur
les détails. Il est plus qu’évident cependant que Jean Du Mont était
très important, aussi bien pour la Société que pour l’Union et
l’Assemblée des Délégués. Certes, nous savons que la scission de
la Société et de l’Union sur le plan de l’organisation, est une
absurdité qui n’existe pas ou qui ne devrait pas exister, mais qui
vit malgré tout « dans les esprits ». Concernant les
fonctions générales, il est très important de savoir que Jean Du Mont
a été, de façon ininterrompue de 1975 jusqu’à sa mort, membre du
conseil d’administration de
La dernière dualité maintenant. Etait-il un homme de la théorie ou de
la pratique ? Commençons par
Jean était également bien au courant du toilettage de chiens, en théorie
et en pratique. De plus, il s’entendait parfaitement avec les chiens,
bien qu’il ne fasse jamais parade d’un chien de beauté ou d’un
champion de travail. Nous l’avons cependant vu paraître partout
pendant des années avec son Bouvier et plus tard avec son Malinois. Ils
l’accompagnaient toujours et ils étaient des camarades inséparables.
Ils se comportaient parmi les gens et dans des circonstances très
bruyantes d’une façon qui nous semblait être un idéal inaccessible.
Ce jeu d’ensemble entre chien et maître était tout simplement le résultat
d’une éducation adéquate et le talent de pouvoir s’entendre avec
les chiens. Celui qui peut s’entendre avec les chiens possède en fait
un don naturel et Jean possédait ce don !
Jean a fait énormément pour
Ne pensez surtout pas que Jean ne se sentait à l’aise que dans le
monde canin. Nous avons jugé ensemble très souvent, aussi à l’étranger.
Au cours de ces voyages et sur place, nous avions l’occasion de
discuter ensemble. Quel que soit le sujet de nos conversations, il
s’entendait à tout. Un jour je logeais avec lui en Angleterre chez un
membre du comité local, qui était par hasard aussi un amateur de
chevaux. Immédiatement, Jean se mit à donner un exposé au sujet des
chevaux dans toutes ses facettes. Le fait que tout le monde était ébahi
est bien le moins qu’on puisse dire. Pour moi, il était devenu tout-à-coup
un hippologue ou expert de chevaux. Quand il parlait de vinologie, c.-à-d.
de vin, je ne pouvais qu’écouter avec respect. Un jour, nous avons échangé
des idées concernant les colorants organiques, un sujet quand même
scientifique spécialisé et, là aussi, il était bien au courant.
Comme jeune garçon, j’ai vécu
L’héritage canin de Jean Du Mont est grand. Par des paroles et des
actions, mais donc pas toujours de façon explicite, il a laissé
quelques messages importants aux membres de la cynologie organisée en
Belgique.
Son premier message ou héritage est que nous ne devons certainement pas
scinder ou polariser ce qui forme ou devrait former une unité. Tous les
amateurs du sport canin, n’importe où, de n’importe quelle
discipline, en tant que membre ou membre de n’importe quel comité,
doivent prendre place dans le même camp, au profit de Le second message de Jean est sans aucun doute que nous sommes dans l’obligeance de promouvoir nos races belges à tout moment et partout. Ceci était également le message d’autres grands hommes connus dans le monde canin belge, par exemple Félix-Eugène Verbanck, Justin Chastel et Georges Van Ceulebroeck. Nos races belges n’appartiennent pas seulement à notre patrimoine national, mais l’importance et la réputation de chacune de ces races dans la totalité des races FCI, est tout simplement enviable.
Son dernier grand message enfin, est que le caractère du chien est
primordial et que la sélection génétique d’aptitude à n’importe
quelle tâche des soi-disant chiens de travail, qui a été développée
dans le courant des années, ne peut pas se perdre. Nous avons déjà mentionné plus haut, que Jean était toujours en compagnie d’un Bouvier et plus tard, mais aussi plus récemment, d’un Malinois. Dernièrement, il s’était procuré un Schipperke, une race qui, à notre avis, venait en troisième lieu de ses races préférées. Ses bons amis, Ghislain et Raymonde Van Laethem-Hancq, ont pris soin de son Malinois pendant sa longue maladie et plus tard également de son Schipperke. Ils m’ont assurés qu’ils continueront à prendre soin de ces chiens, ce que nous apprécions énormément. Ces deux bons amis l’emmenaient, même durant sa maladie, aux expositions où il devait juger, aussi bien en Belgique qu’à l’étranger. Nous avions beaucoup d’admiration pour Jean Du Mont. C’était un très grand monsieur. La dernière fois que nous avons pu échanger des idées, était à Tertre, à l’occasion d’une exposition internationale en date du 10 septembre 2006. Il y jugeait ses races préférées, le Bouvier des Flandres, le Berger Belge et le Schipperke. Il a jugé ces trois races à plusieurs Expositions de championnat - Spéciales de race. J’avais remarqué à Tertre que sa santé n’était pas excellente, mais il avait l’esprit très clair et, comme toujours, il me racontait tous genres de détails intéressants du monde canin. Il a continué à juger pendant sa maladie. Son énergie et son optimisme étaient d’ailleurs indestructibles et il a continué à pratiquer ses activités sur le plan canin jusqu’à ce que sa condition physique ne le permettait plus.
Tous ceux qui ont bien connu Jean Du Mont se souviendront de lui comme
un homme charmant et discret, avec une attitude toujours positive. Les
races belges, surtout le Bouvier des Flandres, les Bergers Belges et le
Schipperke, lui tenaient au cœur, car il était un grand promoteur des
races belges. Il était fortement inspiré de l’esprit Saint-Hubert.
Certes, Jean Du Mont était un homme charmant et modeste, mais aussi un
cynologue incroyablement polyvalent avec de brillants talents. Nous
garderons cette image de Jean pour toujours et espérons qu’il restera
une source d’inspiration pour tous ceux qui jouent un rôle dans la
cynologie belge, aussi bien dans le présent que dans le futur. |
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Robert
Pollet. (Foto Léon Dery) |
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