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Apollon du Pelican et les Japonais |
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APOLLON DU PELICAN (LOSH
20139), Malinois, est né le 2O novembre 1924 dans une nichée de 9
chiots par WUC (LOSH 17933) hors de ZOUKY (LOSH 17759). WUC n'est autre
que le fameux malinois DUC DU RUPEL (qui est un affixe du Kennel Club
Belge). Je reparlerai de ce chien qui est un contemporain de SNAP (LOSH
10050 - alias FRAM DE JOLIMONT), et des Malinoises RITA DE LA CAMPINE et
de MARGOT DU RUPEL. C'était un merveilleux quatuor des années 1920-25
qui dominèrent dans toutes les disciplines ring, pistage, campagne).
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Le plus beau résultat
obtenu par APOLLON, fut sa seconde place au concours en ring du 4ème
Grand Prix de Belgique en 1930. APOLLON était un beau malinois qui
avait énormément de mordant. Il fut battu de quelques points par un
autre Malinois, très complet, qui était BOLLUX (LOSH 32278) (alias
LUX DE GALLIFORT -LOB 12534). Les quatrième, cinquième et sixième
places étaient occupés par les Groenendael NEROLO (LOSH 22277) (qui
gagna le Grand Prix en 1929 et 1931),COLDUC (LOSH 38613) et
MYLORD (LOSH 26324). NEROLO et BOLLUX faisaient partie du club
"Le Chien dressé d'Anvers" tandis que MYLORD et APOLLON était
à l"Antwerp Kynos Club". A la septième place, s'inscrivit
le Bouvier FRANCOEUR DE LIEGE (LOSH 19303). Ensuite, on trouve le poil
long gris cendré KERO (LOSH 40830). Le premier Berger allemand,
NONETTE (LOSH 40482), une bonne petite femelle, se place à la 13 ème
place derrière le poil court gris-noir TIBI (LOSH 32203). Le récit qui suit est
extrait d'un petit ouvrage écrit en flamand par E. Ten
Grootenhuyze, un juge de ring. Cet ouvrage, très instructif et
objectif, comportait deux fascicules et sont intitulés "RING
SPORT - Gister en Vandaag" ce qui veut dire "Le sport du
ring - Hier et aujourd'hui". Voici le passage concernant APOLLON
et les Japonais : "Les évènements
se passent une dizaine d'années après la première guerre mondiale.
J'étais membre de l'Antwerp Kynos Club. A plusieurs reprises, nous
recevions le dimanche matin la visite de marins japonais. Les sujets
du grand Mikado suivaient toujours avec beaucoup d'attention le
dressage de nos chiens. Pour ces visiteurs étrangers, c'était
quelque chose de nouveau. Ils n'avaient jamais vu cela. Sur leur
grande île de cerisiers et de fleurs de lotus, notre type de dressage
leur était complètement inconnu. Le concierge de notre local,
le vieil ami Kockx, était un homme jovial qui travaillait au port.
C'était grâce à lui que les marins japonais avaient découvert le
terrain du club. Ils trouvaient cela extrêmement intéressant de voir
nos chiens au travail. Si des bateaux japonais étaient arrimés dans
le port, alors le dimanche nous recevions la visite des petits hommes
jaunes. Ils étaient de fidèles visiteurs et à la longue nos
supporters. La conversation se faisait par gestes, mais ce vieux malin
de Kockx, était plus avancé que nous et savait parler avec eux. Les deux meilleurs
chiens de cette époque, étaient le Groenendael MYLORD à feu Ch.
Monnoyeur, et le Malinois APOLLON DU PELICAN à l'ami Henri Martelé‚.
Surtout APOLLON était magnifique à l'attaque sur l'apache. Vif
comme l'éclair, il s'élançait vers celui qui le défiait. Alors même
que ce dernier était d'un grand gabarit, il avait beaucoup de peine
à garder son équilibre. C'était surtout le travail d'AP qui
attirait l'attention de nos visiteurs étrangers. Ils avaient
vraiment de l'admiration pour son travail. Jamais, ils n'avaient vu
pareille chose. Ils n'avaient jamais pensé qu'un chien était capable
d'attaquer un homme avec une telle force. Cela les dépassait
qu'un chien puisse s'attaquer à un homme sans la moindre peur. Qu'un
chien savait mordre et secouer ainsi, jamais ils n'avaient vu cela. Pour eux, sans aucun
doute, il devait y avoir un truc. Il a fallu beaucoup de temps pour
les convaincre du contraire. Ils voulaient expérimenter eux-mêmes
qu'il n'y avait pas de trucage. Ils avaient exprimé leur désir à
l'ami Kockx. Mais ils ne voulaient pas comprendre que c'était très
dangereux pour un non-initié. Peine perdue, ils insistèrent, parce
que chaque fois qu'ils rentrèrent au pays, leurs récits et aventures
d'Anvers, n'étaient jamais crus. Même avec une photo d'APOLLON à
l'appui, ils n'étaient pas crus. Aussi décidèrent-ils d'essayer l'épreuve
et de la photographier afin de convaincre les incrédules au Japon.
Ils ne craignaient pas le pénible travail de l'apache. Et c'est ainsi qu'un
jour, en lieu et place du grand costaud de Sus, un des sujets du
Mikado prît la place de l'apache dans le costume deux fois trop grand
pour lui. Avec beaucoup de courage, cet apache d'occasion se mît à
la tâche. Chaque fois que cet apache nain était à Anvers, il ne
manquait pas de venir endosser le costume d'attaque. Il fît des progrès,
et nous étions satisfaits de ses essais. Peut-être persévérait-il
pour être le premier apache dans son pays? En tout cas, au début,
nous avions peur à sa place. Mais, ses compatriotes
étaient fiers, et montraient souvent une joie débordante. Ils
avaient beaucoup de plaisir quand il voyait l'AP féroce attaquer leur
congénère. Leur plaisir étaient sans limite quand il le
voyait secoué par AP comme un sac de riz. Pour AP, un pareil apache
était un jouet entre ses dents. Pourtant celui-ci ne manquait
pas de courage. A plusieurs reprises, l'ami Martelé‚ devait
intervenir pour le libérer. C'était un soulagement pour le
compatriote de "Miss Butterfly". Nous devons reconnaître,
que l'homme jaune était bien courageux pour affronter tout cela. Nous
admirions son courage. Mais les visiteurs étrangers
avaient surtout la satisfaction de savoir que tout cela n'était pas
truqué. Ils emportèrent une photo de l'attaque ainsi que d'un groupe
d'amateurs belges avec nos admirateurs japonais. Ils devenaient les
propagandistes de ce sport dans leur pays. Leur ultime désir fut de
retourner au Japon avec des chiens ayant les mêmes qualités
qu'APOLLON. Par amitié pour ces visiteurs fidèles, nous avons essayés
d'accéder à leur demande. Après un certain temps,
quand leur bateau était de nouveau à l'ancre dans le port d'Anvers,
ils nous rendirent visite et nous leur apportions la bonne nouvelle.
Leur joie ne connaissait pas de limite. Ils ne s'attendaient pas à
cela de la part des Belges. Une telle amitié était une surprise énorme
pour eux. Enfin, ils allaient pouvoir emporter trois jeunes d'APOLLON,
offert par leurs amis Anversois pour avoir montré le chemin de
notre terrain à plusieurs de leurs compatriotes. Maintenant ils
allaient pouvoir prouver que ces chiens, pour lesquels ils avaient énormément
d'admiration, existaient réellement. Que ce cadeau était en plus des
descendants de ce féroce d'AP, ce chien policier, était hors de
toute espérance. A l'aide du vieux Kockx comme traducteur, on les a
mis au courant pour les soins à prodiguer, la nourriture, le
dressage, etc... Ils nous avaient promis, et surtout à l'ami Martelé‚
de nous tenir au courant du voyage et de leur arrivée au Japon. Ils
ont tenu parole. |
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Ce fut un évènement
exceptionnel au Japon quand les jeunes Bergers Belges sont arrivés. Au lieu
d'une lettre, Martelé‚ a reçu la moitié d'une première page d'un
journal japonais avec photo et des caractères japonais tout autour. Les
marins japonais, les premiers à importer ces fameux chiens policiers, étaient
tellement fiers de leur acquisition. Le plus grand journal japonais édité
à Tokyo, avait dédié une colonne entière pour annoncer la nouvelle de
l'arrivée de ces chiens fabuleux à Koby où le bateau à vapeur
"Deer-Cland" devait venir accoster. Le journal portait le
nom « Mainidu Schimbun », ce qui signifiait "Chaque jour,
des nouvelles Nouvelles". Le journal donnait une description complète
de la méthode de dressage appliqué par les Belges pour obtenir de bons
chiens policiers. Il y avait aussi une photo des trois descendant du fameux
APOLLON DU PELICAN. Le Japon était fier de ce premier envoi apporté par
des marins japonais. Ces marins ont mérité le remerciement de la nation
japonaise pour cette initiative. Puis suivait la description : « La
force et le courage de ces fameux chiens policiers, qui viennent d'arriver
au Japon, n'avaient pas d'égaux sur terre ». Suit une description de
la tactique utilisée par ces chiens de pistage pour poursuivre, arrêter et
accompagner les voleurs et les malfaiteurs. L'article poursuit avec un
compte-rendu des visites et des expériences vécus par les marins japonais
dans la fameuse école anversoise pour chiens policiers. Personne n'avait jamais cru
qu'on écrirait avec tant d'éloge une article sur notre sport canin dans un
journal japonais. Surtout l'ami Henri Martelé‚ peut en être fier,
puisque la réputation de son fidèle compagnon à quatre pattes était même
parvenue au Japon." Je remercie personnellement
pour leur amabilité, le Révérend Père Jésuite Paapen et le Dr. Grootens
de l'Association Ruusbroeck à Anvers qui ont assuré avec beaucoup de
bienveillance la traduction du japonais." |
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